11 mars 2019

Une signature de convention, en général, reste confidentielle : peu de personnes y assistent. Celle qui a eu lieu entre l’hôpital de jour de nutrition du centre médical Lalance à Lutterbach et l’Apei (Association de parents et d’amis de personnes handicapées mentales) Sud-Alsace s’est, au contraire, déroulée en présence des futurs patients qui ont vite été rassurés par le directeur, Claude Moser : « Non, on ne dort pas à l’hôpital. »

« Il s’agit d’officialiser un partenariat assis sur une expérience avec les Papillons blancs [ L’Alsace du 22 octobre 2016 et du 29 novembre 2017 ]. Les outils novateurs développés sont très intéressants et adaptés aux personnes handicapées » , a expliqué le directeur de l’Apei, Samuel Kuchel.


« Répondre à un besoin »


« Je souhaite pouvoir ouvrir le monde hospitalier à tous, sans restriction, a poursuivi Claude Moser. Nous avons eu une très belle expérience avec les Papillons blancs, ce qui nous permet plus facilement de nous engager vers ce public. Ce ne sera pas la même prise en charge, mais les objectifs sont les mêmes : faire perdre du poids. »

Pour Sandrine Benedetti, infirmière à l’Apei, le projet « répond à un besoin : on a cherché une ressource au niveau éducatif et alimentaire, avec des moyens que nous, nous n’avons pas. L’hôpital s’est déplacé auprès des résidents pour expliquer la démarche. Onze résidents sur l’ensemble de nos foyers [l’Apei compte sept établissements et services] ont exprimé leurs souhaits ».


« Des fois, je mange un peu de trop »


Le Dr Souad Alem-Younsi, nutritionniste-endocrinologue souligne : « Le point le plus important est qu’ils soient volontaires et aient envie de venir. »

Une visite des locaux (piscine, salle de gym, de vélos) et deux ateliers dans la cuisine adaptée du Lalance, pour donner un aperçu de ce qui attend les futurs patients, ont suivi la signature. Le premier leur demandait de reconnaître les différentes catégories d’aliments, le second portait sur le sucre : il fallait retrouver le nombre de morceaux auquel équivalait chaque boisson montrée. Si, pour l’eau et le cola, les résidents de l’Apei sont incollables, pour les jus de fruits, les sodas et la tranche de pain, c’était un peu plus compliqué.

Évelyne, qui est en maison de retraite spécialisée, confie : « Ça me plaît, car, des fois, je mange un peu de trop. Je vais essayer de maigrir un peu, car on ne bouge pas assez. »

Francine, elle, s’est engagée « pour voir comment est la cuisine allégée. On a le droit de faire [à manger] ce qu’on a envie, alors je vais m’acheter un grill, pour faire revenir des courgettes, des champignons et des pommes de terre sans gras ».

Un goûter qui offrait de délicieux gâteaux allégés en sucres et en graisse a clos cette prise de contact. « L’enjeu, pour nous, sera d’intégrer les recommandations du centre Lalance dans nos prestations, avec les cuisiniers et notre éducateur sportif » , qui assureront le suivi, prévoit Samuel Kuchel.

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